Professeur
et écrivain israélien - mais partageant son temps
entre Israel et l'Europe, notamment Genève et Paris - Jacques
Benaudis est né au Maroc en 1941.
Après avoir entamé une carrière de journaliste à la
Radiodiffusion Marocaine, puis des études supérieures de journalisme
et de sciences politiques, il immigre en Israel en 1965. Là, il apprend
l'hébreu en trois mois grâce à une méthode de son
cru.
De 1971 à 1974, il est Chargé de l'Information à l'Agence
Juive de Paris. C'est durant cette mission que lui vient l'idée de rédiger
le DICTIONNAIRE ESSENTIEL FRANCAIS-HEBREU pour faciliter aux francophones
l'apprentissage de l'hébreu. Dès sa parution en Israel, cet ouvrage
est une des vedettes à la Foire Internationale du Livre à Jerusalem.
Il sera bientôt suivi de "CONJUGUEZ L'HEBREU SANS PEINE" et de "LISEZ
PARFAITEMENT L'HEBREU BIBLIQUE" et, tout récemment, de LA METHODE
BENAUDIS pour apprendre - aisément et en un temps-record - à bien
converser et à décliner en hébreu.
Déjà auteur
de la première enquête parue en France sur l’armée
israélienne " Tsahal : les légions
d’Israel " - préfacé par le général
Buis – et de " Diamants Connection ",
un livre-reportage sur l’industrie du diamant dans le monde, le
Pr. Benaudis vient de publier un nouveau livre-évènement,
consacré à l’un des sujets les plus tabous du judaïsme.
Il s’agit de " DEVENIR JUIF : LES SECRETS DE
LA CONVERSION". Dès sa parution, ce dossier a suscité un
intérêt considérable non seulement parmi les
candidats à la conversion, mais aussi parmi tous ceux qu’intéresse
le judaïsme dans ses rapports avec les non-juifs et leur intégration
au sein de la Communauté. Et pour cause : il s’agit
là d’une " Bible de la conversion " avec
tous les textes fondamentaux et historiques –Torah, Talmud, commentaires
-, une revue détaillée du statut, des droits, des
devoirs des convertis, des processus de conversion hier et aujourd’hui.
En conclusion : un chapitre entier de conseils utiles sur
ce qu’il faut savoir, faire – et ne pas faire – pour entamer, poursuivre
et achever dans les meilleures conditions son processus d’intégration
au sein de la Communauté.
Dans
une interview à Radio
J
Le Pr. Jacques Benaudis : ‘’Comment j’enseigne l’hébreu
en 10 séances’’
Radio J a diffusé récemment une interview avec le Pr. Jacques Benaudis,
au cours de laquelle celui-ci a évoqué sa méthode au micro
de Guy Rozanovitch. Extraits.
Guy Rozanovitch
: Jacques
Benaudis, bonjour, baroukh haba. Je suis ravi de vous recevoir
autour du micro de Radio J. Nos auditeurs vous
connaissent bien. Aujourd’hui nous allons braquer les projecteurs
sur ce qui est votre passion : la pédagogie hébraïque.
Nous le faisons à l’occasion d’une opération
spéciale permettant à tout un chacun d’apprendre
l’hébreu. En 8 séances en mini-groupes de 2 heures
chacune, à raison de 2 séances par semaine, et donc
en un mois, vous faites le pari de nous permettre de pratiquer l’hébreu,
et mieux que si nous faisions un oulpan de trois mois en Israel.
L’hébreu : des codes simples à assimiler
Jacques
Benaudis : Oui,
et pour raisons. D’abord, parce que
dans un oulpan, il y a quantité d’élèves
de niveaux différents et d’origines différentes.
Il est donc difficile d’enseigner à tout ce monde.
Ensuite, dans un oulpan, on enseigne l’hébreu à travers
des phrases stéréotypées qui finissent par saturer la
mémoire de l’élève. Au bout de trois mois d’oulpan,
on se retrouve dans la situation où on vient me voir ; c’est déjà arrivé.
La troisième raison, c’est qu’après avoir passé énormément
de temps avec la langue hébraïque à l’analyser, à la
caresser, à chercher ses arcanes, j’ai fini par la décoder.
Il s’avère que l’hébreu est une langue informatisée
avant la lettre, régie par des codes sonores et orthographiques qui
s’articulent parfaitement, systématiquement et de façon
quasi-mathématique.
Il suffit donc de connaître ces codes, et c’est extrêmement
facile, pour repérer d’instinct la catégorie à laquelle
appartient un mot. Si on connaît ce mot, on sait exactement d’où il
vient, où il va et tous les mots que l’on peut fabriquer soi-même.
De la sorte, au lieu d’apprendre des phrases toutes faites, ce sont mes élèves
qui les fabriquent.
Guy Rozanovitch : C’est extraordinaire. Pourriez-vous
nous donner un exemple pour illustrer votre propos ?
Jacques Benaudis : Voici un exemple sur les codes sonores. Puisque nous sommes à Radio
J, remarquons que le mot Radio se termine sur le son o. En hébreu, le
suffixe o indique que le mot se rapporte à la 3ème personne du
masculin singulier (à lui, son…, le sien). Ainsi les Français
parlent-ils hébreu sans le savoir. Quand on leur demande ‘’Qu’est-ce
que vous faites ?’’, ils vous répondent : ‘’Métro,
boulot, dodo’’. En hébreu, cette expression signifie littéralement
: Son mètre (son instrument de mesure), son timbre, son oncle’’.
Autre exemple : le mot hébreu Chalom, que l’on traduit généralement
par paix, signifie en réalité entier. Dès lors qu’il
comporte deux syllabes, avec les sons a et o, c’est un adjectif qui exprime
un état futur, souhaité. En hébreu, lorsque l’on
salue quelqu’un, on lui souhaite d’être entier, intact.
Par ailleurs, je n’enseigne pas l’alphabet dans l’ordre,
car cela devient assez ardu pour l’élève, mais de façon
dynamique. Dans la Bible, le nom Aleph donné à la première
lettre signifie puissant et désigne un taureau. A partir de ce mot,
on peut construire automatiquement le verbe Lé-alèf qui signifie
rendre puissant, et par extension, dresser un animal. C’est lui qui a
donné Alouf, c’est-à-dire un général d’armée
ou un champion. De la sorte, dès la première séance, et
c’est garanti, n’importe quel élève connaît
tout l’alphabet. Il sait écrire, lire en hébreu, il a un
vocabulaire énorme. Plus encore, en cours particuliers, à l’issue
d’une première séance d’1 heure et demie, n’importe
qui est capable de conjuguer une trentaine de verbes essentiels à la
conversation.
Travailler
en hébreu
en Israel
Guy Rozanovitch
: C’est assez impressionnant. J’imagine,
comme nombre de nos auditeurs qu’en 4 semaines, à raison
de 2 fois 2 heures par semaine, ou en cours particulier, à raison
de 10 fois 1 heure et demie, nous pourrions avoir des instruments
nous permettant de naviguer. Evidemment, nous pouvons également
nous perfectionner par la suite.
Jacques Benaudis : Absolument. C’est ainsi qu’après
4 cycles de 10 séances en cours particuliers, je garantis à mes élèves
qu’ils pourront, dès leur arrivée en Israel,
travailler en hébreu, que ce soit en informatique ou dans
n’importe quelle profession.
Guy Rozanovitch : Je dois dire qu’il convient
maintenant de saisir cette occasion. Si nos auditeurs ont compris
l’intérêt
du défi que Jacques Benaudis nous lance aujourd’hui
- et ce n’est pas tous les jours que cette occasion nous
est proposée -, ils peuvent consulter
votre site : www.hereu-pour-tous.com ou de vous contacter au 06
22 98 12 25.
En tout cas, Jacques Benaudis, merci infiniment du remarquable
travail pédagogique
que vous réalisez. Vous venez, en quelques instants, de me redonner
l’envie de relever, moi aussi, ce défi. J’imagine que tel
va être le comportement de nombre de nos auditeurs. Nous nous retrouverons
très bientôt sur les ondes de la Radio.
Jacques Benaudis : Je vous remercie infiniment. Toda raba.
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